Lors de sa création en 1998, le Xinfeng Scientific and Industrial Trade Co., Ltd. of Xinjiang a au départ pour tâche de développer les première turbines chinoises de 600 KW de capacité dans le cadre du 9e plan quinquennal. Comme souvent en Chine, ce projet de R&D soutenu par l’Etat s’oriente vers un objectif commercial et l’entreprise prend le nom de Goldwind en 2001.
Elle obtient alors l’appui des autorités pour le développement industriel de turbines éoliennes de 600 et 750 KW et devient dès 2003 le plus grand fabricant du secteur en Chine.
Si Goldwind est depuis sa création orienté vers la R&D, il n’en reste pas moins que le retard technologique avec l’international est trop grand pour être rattrapé sans l’aide de transferts depuis l’étranger. Plutôt que de s’associer directement à des grands producteurs peu enclins à dynamiser de potentiels rivaux ou de se contenter de racheter des brevets à l’extérieur, Goldwind a choisi une stratégie alternative.
Dès 2001, l’entreprise a commencé à collaborer directement avec une compagnie de design de turbines allemande, Jacob, pour le développement de ses modèles de 600 KW de capacité. Elle a suivi la même logique avec Repower pour les modèles à 750 KW et a même pris le contrôle Vensys début 2008 pour développer les nouveaux modèles de 1.5, 2 et 3 MW. De cette manière, Goldwind a pu minimiser les coûts liés aux transferts tout en obtenant les droits de propriété intellectuelle et en étant associé totalement au développement des technologies-clés.
Cette volonté de rester actif dans la R&D est sans doute à l’origine du succès de Goldwind en Chine, avec 33% du marché local en 2006 et plus de 100% de croissance annuelle sur huit années consécutives. « Nous avons réglé nos problèmes de R&D en rachetant l’entreprise qui nous a tout appris et aujourd’hui nous voulons nous développer à l’international » expliquait récemment un dirigeant de Goldwind sous couvert d’anonymat.
Car si l’entreprise est un géant en Chine et fait partie des 10 grands mondiaux en volume de production, elle n’a pas pour le moment réussi à capter de marchés à l’extérieur mis à part une récente première vente de turbines à Cuba.
Alors que Goldwind prévoyait une introduction sur le marché américain en 2006, le groupe a finalement opté pour la bourse de Shenzhen vue la situation financière globale de l’époque. Un choix qui l’a amené à lever près de 250 millions de dollars fin 2007, mais qui ne lui permet pas de profiter d’une exposition plus internationale.
L’arrivée du géant chinois sur les marchés étrangers ne se fait d’ailleurs pas sans heurts. Alors que Goldwind annonçait il y a peu une JV de production dans le Minnesota, la nouvelle a créé un véritable tollé aux Etats-Unis et les partenaires potentiels avancés par l’entreprise chinoise ont tous nié l’existence de quelconques accords. Preuve que l’implantation du géant chinois à l’international inquiète et que les Américains ne sont pas prêts à voir l’argent de leur plan de relance financer des compagnies chinoises.
Pragmatique, Goldwind se recentre aujourd’hui vers l’Europe avec un projet d’usine de production en Allemagne via son acquisition de l’entreprise locale de design Vensys. Le parcours vers le reste du monde s’annonce semé d’embuches pour Goldwind qui devrait donc continuer à prospérer essentiellement en Chine sur un marché local très dynamique et où il profite largement du soutien de l’Etat. Nul doute cependant que les éoliennes du géant chinois tourneront à l’avenir en dehors de l’Empire du milieu lorsque la situation économique globale permettra de détendre les « crispations protectionnistes » actuelles.
Nicolas Sridi








