Sinaforce vend du vert
Connexions n°52, novembre - décembre 2009

 

 

Des panneaux solaires, des éoliennes, des lampes à économie d’énergie LED, des vélos électriques. Le catalogue de produits de Sinaforce ressemble à un rêve d’écologiste.

« Il s’agit surtout d’un créneau porteur, explique Jean-Baptiste Tricot fondateur et directeur de l’entreprise. Le prix du baril d’essence était en plein boom au moment où j’ai decidé de créer Sinaforce, et les gouvernements comme les entreprises sont prêts à investir. » Depuis presque trois ans, il source et développe ces produits « verts » pour des clients internationaux. L’entreprise de droit hongkongais a installé un bureau de représentation à Shanghai au plus près de ses fournisseurs. Rien d’étonnant, la province voisine du Jiangsu est un des plus importants centre de production de panneaux solaires dans le monde avec plus de 500 fabricants spécialisés et 6,5 milliards de dollars d’exportation chaque année.
Justement face à cette offre pléthorique, Sinaforce joue la carte de l’expertise. La PME a audité près de 60 usines avec des critères plus exigeants que les normes européennes. Seules 5% ont passé le test. En plus du respect des normes, Sinaforce contrôle la qualité des produits et s’assure que les usines tiennent leur délais.
« Le solaire photovoltaïque (produisant de l’électricité) ou thermique (pour le chauffage de l’eau et de l’air) représentent la plus grande partie de nos ventes » explique Jean-Christophe Stienlet, en charge du suivi commercial. Et pour cause, l’industrie chinoise commence à se faire un nom dans le secteur et elle répond à une demande forte en Europe et notamment en France, où EDF rachète l’électricité fournie à bon prix. Autre produit-phare, les vélos électriques, diandongche, très répandus et très peu chers en Chine, montent en gamme quand ils franchissent la frontière pour s’adapter aux normes UE, comptez environ 1 000 euros en France. Du coup, les acheteurs sont essentiellement des citadins concernés par l’environnement et aisés ou, direction commerciale prometteuse, des entreprises qui proposent des flottes de vélos électriques à leurs employés.
Sinaforce compte aujourd’hui quatre employés. L’an prochain, l’équipe pourrait se renforcer d’un représentant permanent en France. Avec un chiffre d’affaire de 400 000 euros en 2008, l’année 2009 a été très calme. L’installation de panneaux solaires implique des investissements importants pour les entreprises qui en période de crise, ont préféré reporter ces projets. Mais le directeur est optimiste, il prévoit une progression de 100% pour 2010. L’Exposition universelle de Shanghai pourra être un bon outil de communication pour la PME française, ses fournisseurs équipent en effet les bâtiments-phares, comme le pavillon chinois.
Et le marché chinois ? « C’est un de nos objectifs, répond Jean-Baptiste Tricot. Difficile de ne pas remarquer la volonté de Pékin de soigner son image environnementale et plus concrètement de profiter du relais de croissance de l’économie verte. » Et la PME fait ses premiers pas sur ce marché, elle devrait recouvrir de panneaux solaires le toît d’une usine installée dans la région de Shanghai.

Emilie Torgemen