Le projet de lycée de l’architecte Jacques Ferrier/Beijing East Land Properties. Photo crédit: Jacques Ferrier architectures/image Ferrier Production
Le projet de construction du nouveau Lycée Français International à Pékin (LFIP), lancé en septembre 2007, devait initialement être porté par une structure associative et tablait sur un financement mixte privé-public. Il n’a pas pu aboutir car la participation financière des entreprises a été moindre que prévu, et parce qu’il s’est avéré difficile pour une association de porter juridiquement un tel projet ainsi que d’emprunter la somme nécessaire à sa réalisation.
Finalement, avec plus de 90% du montant total engagé, c’est le financement public qui est prédominant. Dans ce contexte, la responsabilité juridique du projet et de l’emprunt a été reportée sur l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE), directement rattachée au Ministère des Affaires étrangères.
La location du terrain choisi coûte 12 millions de Rmb par an, avec un coût de réservation de 3 millions de Rmb par trimestre depuis l’obtention du permis de construire. Elle sera supportée par le budget de l’établissement, excepté la première année pendant laquelle le double loyer à payer génèrera un besoin de trésorerie estimé à 600 000 euros.
Le coût affiché par le constructeur est de 12,1 millions d’euros, en comptant les aléas et la maîtrise d’œuvre ; le coût de construction maximal estimé serait de 15,6 millions d’euros.
Pour répondre à ce besoin de financement, l’apport direct de 6,2 millions d’euros du LFIP et de l’AEFE devra être complété par un emprunt de 10 millions d’euros sur 15 ans au taux annuel de 4,5%.
Dans les circonstances actuelles, sans recours au mécénat, ce projet entraînera une augmentation des frais de scolarité de 19 à 22 % sur trois ans.
Toutefois, plusieurs entreprises françaises installées en Chine comme Total, Safran, Areva ou Air France ont répondu à l'appel lancé conjointement par l'Ambassade et l'Association pour le développement des partenariats d'entreprises (ADPE), en manifestant un intérêt de principe pour apporter leur contribution. Cette dernière peut être offerte en nature, sous forme de participation directe au chantier valorisant ainsi un savoir-faire français — Schneider a proposé ses nouvelles technologies électriques par exemple — ou en tant que paiement direct. L'ADPE continuera de jouer un rôle central dans la mobilisation et le recueil des contributions des entreprises qui pourront par ce biais bénéficier d'exonérations fiscales. Pour s’associer, les entreprises peuvent s’adresser au conseiller de coopération et d’action culturelle de l’ambassade.
L’apport par mécénat aurait un impact significatif sur le projet, puisqu’il réduirait le montant de l’emprunt et donc les intérêts à rembourser. Chaque million supplémentaire ainsi collecté permettrait d’économiser 95 000 euros de remboursement par an sur 15 ans, et de réduire d’un point la hausse des frais de scolarité.
Une commission consultative présidée par un chef d’entreprise devrait être créée afin d’engager une réflexion sur l’évolution du statut de l’établissement. En effet, le régime actuel de gestion publique directe n’est pas forcément le plus adapté à un lycée international, censé s’autofinancer et ouvert à mécénat. Il n’est pas exclu d’opter pour une formule intermédiaire, telle qu’une fondation à majorité publique qui offrirait aux partenaires privés une réelle présence au sein du Conseil d’Administration.
Catherine Debeaumarché








