L’institut sino-européen d’ingénierie d’aviation forme les futurs ingénieurs du secteur.
« A Tianjin, on baigne dans la haute technologie. » Dans la bouche de Michel Martin, ancien ingénieur de la Direction générale de l’aviation civile et co-directeur de l’Institut sino-européen d’ingénierie de l’aviation, la remarque prend un vrai relief.
De fait, étant située au cœur d’une zone de 11 km2 entièrement dévolue à l’aéronautique, l’école d’ingénieur se retrouve entourée de prestigieux voisins tels qu’Airbus, Eurocopter-Avicopter ou encoreZodiac. Ouverte en 2007, elle n’occupe pas encore ses locaux définitifs, un bâtiment dédié de 13 000 m2 qui accueillera une soufflerie, ainsi que des laboratoires spécialisés dans la propulsion, les matériaux et structures, etc. Un investissement structurel entièrement assuré par les Chinois.
Car ce sont bien les ministères chinois de l’Éducation et de l’Aviation civile qui ont sollicité les grandes écoles aéronautiques françaises* pour « former une élite. Des ingénieurs polyvalents et cultivés qui participeront au prestige de l’Université d’aviation civile de Chine de Tianjin. »
A partir de 2013, une centaine de diplômés sortiront de l’Institut chaque année. Des ingénieurs appelés à occuper des postes-clés dans les différents secteurs de l’aéronautique chinois, mais qui pourraient aussi intégrer les groupes comme Safran, Thalès et tous les industriels** qui contribuent au budget de fonctionnement. Et ce, d’autant plus facilement qu’en complément du cursus, une année d’apprentissage de la langue française a été ajoutée. Une aubaine, tant il est vrai que « dans ces métiers, il est très difficile de trouver du personnel chinois sur-mesure. Or les perspectives de développement sont très prometteuses... »
A la croisée des interactions entre industriels et universitaires chinois et français, l’institut est en train de devenir une sorte de « village, où les gens commencent à se connaître et s’apprécier. » Une bonne opportunité pour la représentation tricolore dans le domaine de l’aéronautique, car à long terme, « il est illusoire d’espérer maintenir une forte présence française en Chine. Par contre, nous pouvons y maintenir une forte influence. »
Manuel Rambaud
* École nationale de l’aviation civile ; École nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique ; École nationale supérieure d’ingénieurs des constructions aéronautiques ; École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace.
** Airbus, Eads, Eurocopter, Safran, Thalès








