Tianjin, la porte d'entrée de Véolia Environnement en Chine
« J’ai une tendresse particulière pour Tianjin, car c’est le point de départ de la Longue marche de Véolia en Chine. » Jorge Mora, son président pour l’Asie, se souvient des premiers pas du groupe en 1997 : la signature d’un gros contrat dans le secteur de l’eau signé avec le gouvernement municipal. Depuis, Véolia Environnement a parcouru un long chemin dans le pays, mais tout en conservant un fort point d’ancrage dans la mégapole côtière.
C’est que « Tianjin est un excellent environnement pour les affaires. » Ville massivement industrielle, elle offre de nombreuses opportunités pour une entreprise spécialisée dans la dépollution. « Au bureau de l’environnement du gouvernement local, il y a une forte volonté politique en la matière. » Ce n’est donc pas un hasard si le groupe français y signe son premier contrat « déchets » en Chine. « Les gens de Tianjin avaient un projet de traitement de matières chimiques. Mais, ne sachant pas comment le développer, ils ont fait appel à Véolia. » Les négociations durent alors près d’un an. « Au début, il y avait des problèmes de compréhension. » Jorge Mora fait alors intervenir Zhou Xiaohua,
« l’un de nos collaborateurs capables d’évoluer totalement entre les deux cultures. » Etablissant peu à peu une communication efficace, le contrat est alors rapidement signé.
Depuis, la relation entre Tianjin et Véolia Environnement ne cesse de se renforcer. « Nos interlocuteurs ont toujours été extrêmement loyaux, et la bonne organisation administrative de la ville évite les complications bureaucratiques excessives. » Sur cette base de confiance, le groupe consolide peu à peu sa position, jusqu’à devenir leader dans le traitement des déchets et dans l’eau, avec de nouvelles stations de pompage, de filtrage et de distribution. Les effectifs comptent aujourd’hui plus de 600 employés à Tianjin et pourraient encore augmenter, tant « les potentialités de développement sont importantes. » L’un des enjeux majeurs est désormais d’amorcer l’activité des divisions « transports » et « énergie », afin que la longue marche de Véolia en Chine se poursuive à bon train. »
Erasteel au plus proche de ses clients
Dans l’usine de production de Tianjin.
La création en 2006 d’Erasteel Innovative Materials, filiale chinoise d’Erasteel au sein du groupe Eramet, répondait à un double objectif : « D’une part, offrir à nos clients asiatiques des délais de livraison courts pour des produits d’une qualité égale à celle des produits issus de nos usines européennes et américaines ; d’autre part, accompagner le développement du marché asiatique de l’outillage haut de gamme », raconte Pierre Lassalle, le directeur général de cette entreprise qui transforme des alliages en provenance des sites de production européens du groupe, et en particulier des aciers dits « rapides » destinés aux industries de l’outillage de coupe. Aussi, l’implantation de son usine au cœur de la Zone de développement économique et technologique de Tianjin, caractérisée par une forte concentration d’industries mécaniques, a-t-elle bien répondu à ces impératifs d’efficacité. D’autant que « la situation géographique confère à la ville de grandes facilités logistiques d’import-export et de distribution à l’intérieur de la Chine. »
Dans son bâtiment industriel de 7 000 m2, EIM produit des « barres, des fils ronds ainsi que des fils à section rectangulaire destinés aux diverses industries de l’outillage professionnel et se caractérisant tous par un haut degré de personnalisation ». Des produits destinés notamment à des clients chinois de plus en plus exigeants en termes de qualité et « d’utilisation de matériaux nouveaux ».
Pour faire face à ce défi de service à ses clients, Pierre Lassalle s’est entouré d’une équipe chinoise de plus de 70 personnes. Un recrutement qui lui a donné entière satisfaction : « Avec 11 millions d’habitants, la ville de Tianjin est un gigantesque vivier de talents... »
Ipsen grandit avec Tianjin
Ipsen a choisi Tianjin, le bastion traditionnel de l’industrie pharmaceutique en Chine.
Avec une quarantaine d’entreprises spécialisées, Tianjin est, de longue date, un bastion de l’industrie pharmaceutique en Chine. Aussi, l’implantation d’Ipsen en 1992 s’inscrit-elle dans un environnement professionnel propice. « Les ressources humaines disponibles y sont de bonne qualité, avec un système de formation efficace et un certain sens de la discipline », note Éric Bouteiller, le directeur des opérations en Chine.
En installant sa base arrière à Tianjin, le groupe français profite également de la bonne position stratégique de la ville-province : « À l’époque, c’était l’un des six grands ports commerciaux ouvert à une activité comme la nôtre », et le seul qui présentait l’avantage de sa proximité avec Pékin, tout en coûtant « 15 à 20% moins cher en frais de fonctionnement ». Une situation géographique qui s’est depuis encore améliorée, avec la construction de « trois autoroutes reliant la mégapole à la capitale, ainsi qu’une liaison ferroviaire rapide qui place les deux gares à 35 minutes l’une de l’autre. »
Ipsen a démarré à Tianjin en 1992 par la création d’un bureau de representation. En 1997, il s’associe avec Tianjin Pharmaceutic Group, l’un des leaders chinois du marché, pour passer à la vitesse supérieure avec la construction d’une usine de production. Certifications en main, les premières boîtes d’antidiarrhéique sortent en 2000. Il s’agit du Smecta, un produit qui connaît un franc succès commercial et devient la référence en Chine. « La création de Beaufour Ipsen (Tianjin) pharmaceutical Co., Ltd. nous a permis d’améliorer notre capacité de pénétration de ce segment de marché, et de mieux nous adapter à la réglementation chinoise. Le fonctionnement de la joint-venture est efficace, car les rôles de chacun y sont bien établis », explique Éric Bouteiller. Et de souligner les qualités d’ouverture des gens de Tianjin. « Ce n’est pas à proprement parler une ville internationale, et pourtant, du fait de son passé colonial, elle a une tradition de contact avec l’étranger. »
Et s’il admet que Tianjin n’est pas au niveau de Pékin en termes de loisirs et de culture, c’est pour préciser aussitôt qu’il y a une forte volonté du gouvernement national et municipal, de développer Tianjin, de lui faire faire un « saut qualitatif ». Dans les infrastructures associées aux activités industrielles et commerciales bien sûr, mais aussi dans l’environnement urbain. « Avec la mise en valeur du patrimoine architectural par exemple, en particulier autour des concessions où les quartiers sont reconstruits, mais encore avec l’aménagement des berges de fleuve Haihe. »
Dans cet environnement dynamique, « le taux de croissance d’Ipsen en Chine est supérieur à celui du groupe à l’échelle mondiale ». Une courbe ascendante qui imite celle que connaît actuellement Tianjin.
Manuel Rambaud








